Développement – Development – Desarrollo

Coordinateurs – Coordinators

 Adam ZEGGAGH (Université Paris 1)

photo Adam ZEGGAGHLouis COUSIN (Université Paris 1)

cousin

Arnaud HOUEDJISSIN (Université d’Abomey-Calavi, Bénin)

houedjissin***

Version française

Depuis la fin de la guerre froide, le droit relatif au développement s’est reconfiguré c’est-à-dire qu’il se présente sous la forme d’une combinaison transformée (reconfigurée donc) de principes et pratiques juridiques classiques et de principes et pratiques juridiques nouveaux. Il ne s’agit donc pas d’un droit du développement radicalement nouveau ni de la continuation du droit du développement classique mais d’un entrecroisement de l’ancien et du nouveau modèles juridiques. Trois éléments de cette reconfiguration nous semblent importants à souligner ici. Ils sont la traduction du nouveau modèle de développement qui génère de nouveaux textes, règles et pratiques juridiques s’entrecroisant aux anciens.

1)D’abord, le modèle de développement actuel, prôné par l’ensemble des acteurs/sujets du droit international, est multidimensionnel et intergénérationnel. Il prend le nom de « développement durable ». C’est un développement multidimensionnel car il intègre désormais, à côté du droit du développement économique, un droit qui est à la fois humain, social et environnemental. Il est durable, car il veut être intergénérationnel. Il conduit désormais les acteurs du développement à prendre en compte non seulement leurs besoins présents mais aussi les « besoins des générations futures ».

2)Ensuite, le nouveau modèle de développement (et le droit qui l’accompagne) concerne non seulement les Etats (droit du développement classique) mais aussi les individus, les groupes et tous les acteurs/sujets de la société mondiale. On ne prendra ici que l’exemple le plus frappant de la prise en compte de l’être humain par le nouveau droit international du développement. Là où le droit international classique du développement (et le NOEI) était entièrement axé autour du cadre classique du droit international et du respect de la liberté souveraine de l’Etat, là où il prônait le principe de neutralité à l’égard du régime politique des Etats en développement et leur liberté souveraine quant au choix du modèle de développement, le droit actuel du développement impose aux Etats souverains un modèle particulier de développement à atteindre, non neutre, qui est fondé sur les droits fondamentaux de l’être humain et le respect de la personne humaine. Aussi les droits classique et nouveau du développement véhiculent-ils encore aujourd’hui des règles et pratiques juridiques qui reposent sur des conceptions profondément différentes quant au rôle de l’Etat et la nature de la souveraineté, laquelle devient fonctionnelle dans le cadre du nouveau modèle car subordonnée à la réalisation des fins humaines du développement. Mais il en résulte plus précisément aussi que les droits de l’être humain ont tendance à être perçus comme étant à la fois le moyen et la fin du développement.

3)Enfin, le droit du développement est devenu à la fois global et transversal au Nord et au Sud, à l’Est et à l’Ouest. Et selon la « fameuse échelle du développement » qui classe tous les Etats (et donc leurs populations et leurs ressortissants) de la planète suivant leur niveau de développement, certains de ceux qui étaient en bas de cette échelle, donc « sous-développés » ou « en développement », progressent très nettement vers le haut alors qu’inversement certains de ceux qui étaient en haut de l’échelle et donc «développés » régressent vers le bas.

Les membres du projet s’interrogent sur ces trois évolutions majeures en y voyant autant de solutions que de nouveaux problèmes pour la société mondiale. L’idée est de contribuer, à partir d’études et d’échanges entre universitaires et praticiens, à réfléchir à chacune de ces évolutions mais aussi à l’idée même de développement. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, il est devenu le paradigme dominant pour combler les inégalités entre Etats, peuples et individus et pourtant il se base toujours sur une échelle culturellement dévalorisante entre Etats développés et en développement qui ne fait que reproduire les dichotomies de la période coloniale. Avec ce fait nouveau que les gagnants ne sont plus nécessairement les mêmes.

Toutes les approches sont dès lors bienvenues pour avancer sur ces questions à la fois dans la théorie et dans la pratique.

***

English

Since the end of the Cold War, the law of development has been remodeled.

Indeed, it is now shaped into a combination (i.e remodeled) of both traditional and new judicial principles and practices. Thus, it is neither a new version of the law of development, nor a continuation of the traditional conception of the law of development. It is rather an intertwinement of the old and new judicial models. We suggest that three key elements of this remodeling need to be underlined here.

1) Firstly, the current model of development, promoted by all subjects of international law, is multidimensional and intergenerational: called “sustainable development”. It consists in a multidimensional development because of today integration of a law that is both human, social and environmental, aside the law of economic development. It is also considered as sustainable, as it aims to be intergenerational. It henceforth leads the actors of development to take into account not only their present needs, but also the “needs of the next generations”.

2)  Secondly, the new model of development (and its related set of laws) affects not only the States (traditional law of development) but also individuals, groups and all subjects of the global society. We will consider here only the most striking example of the integration of the concept of human being into the new international law of development. When the traditional international law of development (and the NIEO) was entirely centered on the international law concept of sovereignty, promoting the principle of neutrality regarding toward the political regime of developing countries and their sovereign liberty in their choice of one model of development, the current law imposes on sovereign states a specific non-neutral model which is based on fundamental rights. Therefore, both traditional and new laws of development still convey today an important set of judicial rules and practices that radically differ from the role of the State and the nature of sovereignty. Inside this new model, one may note that he latter becomes functional and is subordinated to the realization of the human purposes for development.  However, it more specifically results in a tendency to perceive laws of the human being as both a mean and an end in term of development.

3)  Finally, the Law of development has become both global and transversal. Moreover, according to the “famous scale of development” which ranks all states on the planet by their level of development some of those at the bottom of this scale, considered as “under-developed” or “developing” countries, are increasing to the top of the scale.  On the contrary, some of those at the top of the scale, considered as “developed”, are decreasing to the bottom.

The members of this project are reflecting upon these three major evolutions of the law of development, seeing (in it) as many solutions as new problems arising for the global society. The idea is to contribute, through studies and exchanges between scholars and professionals, to the research on each evolution but also on the idea of development itself. Since the end of the Second World War, development has become the dominating paradigm to fill the gap of inequalities between states, peoples and individuals even though it still relies upon a culturally demeaning scale between developed and developing States which only reproduces the dichotomies of the colonial era. However, the winners are no longer the same anymore. All approaches are therefore welcome to move forward on these questions both in theory and in practice.

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Español

El derecho de desarrollo

A partir del final de la Guerra Fría, el derecho relativo al desarrollo se ha reconfigurado, es decir, se presenta ahora bajo la forma de una combinación transformada (por ende, reconfigurada) de prácticas y principios jurídicos clásicos y de prácticas y principios jurídicos nuevos. No se trata entonces de un derecho de desarrollo radicalmente nuevo ni de la continuación del derecho de desarrollo clásico, sino de un entrecruzamiento de los modelos jurídicos antiguo y nuevo. Tres elementos de esta reconfiguración nos parecen importantes de destacar aquí. Ellos son la traducción de un nuevo modelo de desarrollo que genera nuevos textos, reglas y prácticas jurídicas que se entrecruzan con las antiguas.

1) Por un lado, el modelo de desarrollo actual, preconizado por el conjunto de actores/sujetos de derecho internacional, es multidimensional e intergeneracional. Este modelo toma el nombre de “desarrollo sostenible”. Es un desarrollo multidimensional porque ahora integra, junto con el derecho de desarrollo económico, un derecho que a la vez es humano, social y ambiental. Es sostenible, porque quiere ser intergeneracional. Anima a los actores del desarrollo a tener en cuenta no solamente sus necesidades sino también las “necesidades de las generaciones futuras”.

2) Por otro lado, el nuevo modelo de desarrollo (y el derecho que lo acompaña) concierne no solamente a los Estados (derecho de desarrollo clásico) sino también a los individuos, los grupos y todos actores/sujetos de la sociedad mundial. Solo mencionaremos acá el ejemplo más impactante de la toma en consideración del ser humano por parte del derecho internacional de desarrollo. Allí donde el derecho internacional clásico de desarrollo (y el NOEI) se centraba por completo en el marco clásico del derecho internacional y del respeto a la libertad soberana del Estado, allí donde se preconizaba el principio de libertad soberana sobre la elección del modelo de desarrollo, el derecho actual de desarrollo impone a los Estados soberanos un modelo particular de desarrollo a alcanzar, no neutral, que se basa en los derechos fundamentales del ser humano y el respeto a la persona humana. Igualmente los derechos de desarrollo clásico y nuevo contienen aún hoy reglas y prácticas jurídicas que reposan en concepciones profundamente diferentes sobre el rol del Estado y la naturaleza de la soberanía, la cual se vuelve funcional en el marco del nuevo modelo pues está subordinada a la realización de fines humanos de desarrollo. Pero de esto se desprende también que los derechos del ser humano tengan tendencia a ser percibidos a la vez como medio y fin del desarrollo.

3) Finalmente, el derecho de desarrollo se ha  vuelto a la vez global y transversal al Norte y al Sur, al Oriente y al Occidente. Y de acuerdo a la “famosa escala de desarrollo”, que clasifica a todos los Estados del planeta (y con ello a sus poblaciones y nacionales) según su nivel de desarrollo, algunos de los que estaban en la parte inferior de la escala, es decir los “sub-desarrollados” o “en desarrollo”, progresan visiblemente hacia arriba e inversamente algunos de los que estaban en la parte superior de la escala, y por ende “desarrollados”, van en regresión hacia abajo.

Los miembros del proyecto se interrogan sobre estas tres evoluciones principales y ven en ellas tantas soluciones como nuevos problemas para la sociedad mundial. La idea es contribuir, a partir de estudios e intercambios entre universitarios y practicantes, a reflexionar sobre cada una de estas evoluciones y también sobre la idea misma de desarrollo. Desde el fin de la Segunda Guerra Mundial, el desarrollo se ha convertido en el paradigma dominante para colmar las desigualdades entre Estados, pueblos e individuos y sin embargo se basa siempre en una escala culturalmente desvalorizadora entre Estados desarrollados y en desarrollo que no hace sino reproducir las dicotomías del periodo colonial, con la novedad de que los ganadores ya no son necesariamente los mismos.

Todos los enfoques son bienvenidos con el propósito de avanzar sobre estas temáticas tanto en la teoría como en la práctica.

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